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Michel Houellebecq, en gérant adroitement ses contrats et sorties, s’est mis à l’abri des soucis financiers (s’il vit paisiblement). Les jurés du Goncourt ont sûrement été sensibles aux supplications de l’écrivain en difficultés.
Un jour, peut-être, je retournerai dans un salon du livre. Mais ces impressions auront été publiées. Et j’observerai de nouveau. On me demandera de raconter ?
Voies sans issue créative dans un pays quadrillé.
Depuis que les artistes ont profité de la démocratie pour amplifier leur champ de créativité, les politiques pensent indispensable de le restreindre. Ils savent qu’un paragraphe peut briser leur petite carrière. Les politiques les plus « en danger » sont naturellement les plus incompétents. Conseils régionaux, conseils généraux, sénat, palais Bourbon, mairies.
Mais la solidarité de fonctions fonctionne !
Démocratie oblige, il faut prendre les créateurs par leur talon d’Achille, la « nécessité de bouffer », les honneurs, les passe-droits. Impératif de les tenir par la barbichette. Ainsi, les seuls suffisamment costauds pour ne pas lécher mains et bottes, s’occuperont des ministres et du président. Parfois (il s’est vu des ministres pour amadouer même les plumes acerbes).
Le créateur en quête de subventions est un créateur perdu. Perdu pour la création. Les subventionneurs ont concocté des dossiers auxquels la réponse est indispensable, dossiers à l’exigence de passé et présent conformes, d’avenir dans les rails. Les réponses sont rarement suffisantes : le dossier devra bénéficier du soutien d’au moins un pantin estampillé de référence.
La notion de créateur subventionné est un abus de langage. Les subventionnés et les subventionneurs ont les moyens d’influer sur le langage.
Les créateurs suffisamment rétribués par leurs créations ont d’autres impasses à éviter. Ils les évitent rarement. Naturellement, une certaine prudence les incite à ne pas se fâcher avec les subventionneurs : le vent peut tourner et « les bien placés » peuvent toujours servir !
Un annuaire réalisé par l'ecrivain.
Naturellement, ne pas être notabilisé n’est pas un gage de qualité. L’exclu du microcosme artistique n’aspire le plus souvent qu’à une chose : en être !
Ainsi la majorité de nos politiques et sommités sont protégés de leurs éventuelles saillies (s’ils en sont capables, elles sont conservées pour les proches).
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